Les nouveaux factotums

 

Les bases CDN, particulièrement celles des arrondissements du sud 12e, 13e, 14e, et 15esont en souffrance de sous-effectif, depuis surtout que leurs agents ont été siphonnés par la fameuse passerelle en renfort du corps des inspecteurs.

Aucune mesure de compensation à l’hémorragie des effectifs au service des CDN. Pourtant leurs bases ont besoin d’être renforcées. Elles ne peuvent pas continuer à travailler avec un effectif de quatre ou cinq agents et une présence de seulement un ou deux CDN.

Au lieu d’agir en soutien à ces bases existantes, la Mairie de Paris lance le projet de création d’une nouvelle brigade de CDN copiée sur le modèle de la brigade d’intervention des inspecteurs.

Pour qui connait un peu le métier de CDN, sait qu’il faut une présence continuelle et permanente sur un territoire, qu’il faut marquer dans la durée. L’investissement dans le travail des agents CDN requiert du temps, et la médiation ne s’improvise pas. C’est dans la durée que l’agent devient le familier du riverain, qu’il gagne sa confiance et parvient à établir avec lui le lien social. La médiation n’est pas une culture hors-sol. Le CDN marque son territoire par sa présence quotidienne sur un secteur délimité.

Ce projet de création d’une brigade d’intervention vise à tout sauf à faire de la médiation. Il n’est pas de médiation pouvant sérieusement être faite par des agents qui atterrissent pour la première fois dans un endroit aussi inconnu que le sont les personnes auprès desquelles on intervient.

Ce projet est au mieux une fuite en avant. Plutôt que de recruter 20 postes de nouveaux CDN pour une nouvelle brigade, la Mairie serait mieux avisée de faire le remplacement de ceux qu’elle a encouragés à changer de corps lorsque la Mairie de Paris s’est servie du service des CDN comme gisement pour l’extension du service des inspecteurs de sécurité.  

On imagine que cette nouvelle brigade en gestation servira non pas la médiation mais à faire des interventions ponctuelles de fermeture de parc par-ci et de remplacement d’agents d’accueils aux Mairies d’arrondissements et d’autres bâtiments administratifs par-là. Tout un travail qui servira de cache-misère des emplois supprimés un peu partout dans la DPSP. Ils ont un besoin urgent de bouche-trous, enfin ce qu’on appelle des factotums(un mot que vous ne trouverez pas nécessairement au dictionnaire mais il est expliqué sur certains sites internet), parce que dans Paris on commence à sentir un laisser-aller dans les quartiers et sur les espaces verts et dans ses équipements publics. Ce qui politiquement ne fait pas bien.   

C’est surtout un capital acquis pendant plus d’une décennie qu’on s’apprête à dilapider. Enfin ce qu’il en reste. Un capital fait de connaissance du terrain, de l’habitant et du lien social laborieusement tissé par les CDN, de l’expérience dans l’aide à la personne, du maintien de la tranquillité publique et la sensibilisation contre les incivilités sur des territoires fixes, etc.

 

URGENCE

La Mairie de Paris doit renforcer les effectifs AAS médiation pour un service public de proximité, seule voie possible à l’apaisement des quartiers sensibles et fragiles ! Nous sommes farouchement opposés à utiliser l’argent publique à des fins d’expérimentations sur la médiation « dite mobile » … Respectez l’humain … Ne déshumanisez pas les relations sociales …  

 

LES MEDIATEURS SONT DES ACTEURS

INDISPENSABLES DU LIEN SOCIAL !

UN RETROPEDALAGE VITE !

 

 

CGT A.S.P.S. le 30.01.2019

Document à telecharger : 
 

Mis en ligne le 31 janvier 2019  |  Dernière mise a jour 31 janvier 2019