LETTRE OUVERTE à Madame Anne HIDALGO Maire de la Ville de Paris

 

Madame la Maire, 

Le syndicat CGT-ASPS vous saisit d’une discrimination manifeste et parfaitement établie, et dont sont victimes une catégorie des personnels de la Mairie de Paris. Ces personnels sont les encadrants du corps d’agents d’accueil et de surveillance qui exercent à la Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection. 

Contrairement à leurs collègues affectés dans d’autres directions de la Mairie de Paris, ces encadrants n’ont pas bénéficié de l’évolution de la catégorie C vers la catégorie B. Cette évolution catégorielle, les encadrants de toutes les autres directions de la Ville en ont bénéficié : c’est le cas de la DPE (Direction de la Propreté et de l’Eau), des maîtres-nageurs de la DJS (Direction de la Jeunesse et des Sports), Direction des Affaires Culturelles (bibliothèques et musées), de la Petite enfance, et bientôt et c’est en cours, les encadrants de la Direction des Espaces Verts (les personnels des cimetières qui restent rattachés à la DEVE).

Ces postes d’encadrements étaient à l’origine classés en catégorie C, puis ont progressivement évolué vers la catégorie B dans toutes les autres directions, à l’exception de ceux relevant de la DPSP. La DPSP, afin de se justifier, maintient en catégorie C ses encadrants et supprime à ces derniers la gestion du planning au début de l’année 2018. 

Dans les faits, seule la modification des plannings leur a été enlevé. Pour continuer à travailler, on a engendré une complication de la tâche, une bureaucratisation comme la DPSP est capable d’en créer : ce sont toujours les mêmes encadrants qui gèrent dans la pratique les plannings des présences et sont responsables en dernier ressort de toutes les anomalies de planning lorsqu’elles surgissent. 

De ce côté, tout reste en l’état. Quant à l’usine à gaz, une structure crée qui s’appelle la CAL (Cellule Administrative et Logistique) qui charge un autre agent administratif de la catégorie C d’effectuer l’entrée des données en lieu et place de l'encadrant. Cet agent CAL se trouvant sur un autre site, généralement distant de celui de l’encadrant, communique par mail, afin de procéder à tel changement ou telle modification ponctuelle du planning, ce qui se fait après des échanges parfois et des retards souvent. Voilà comment fonctionne l’ingénieux système CAL-DPSP.

Avant 2018, les modifications et les changements de plannings étaient opérés par les encadrants sans besoin d’envoyer de mail à l’agent CAL, puis un autre mail, puis encore des échanges de confirmations, etc., c’était fait bien plus efficacement et plus rapidement surtout. 

Depuis la mise en place de ce système en 2018, il n’y a pas que de la discrimination, il y a également le discrédit du travail fait par ces encadrants auprès de leurs agents.

Cette bureaucratisation engendre des retards dans la gestion des présences et dans la pose des congés ou encore dans la justification des absences, mais également des décalages entre le planning tenu par l’encadrant, et le planning officiel qui est en ligne, et dont l’encadrant n’a pas la main.

C’est encore plus surprenant d’apprendre que toute cette procédure n’a été instituée qu’en réponse à la légitime demande des encadrants à être classés en catégorie B, à l’instar de ceux des autres directions. Ce n’est pas en utilisant l’artifice de l’accès indirect au planning que leur tâche de gestionnaire aura cessé. Elle leur a surtout été compliquée. 

Pour compléter le tableau, il faut préciser qu’il existe des encadrants de catégorie B à la DPSP. On les appelle les TSAM, les TSEP ou encore TTPS (…), ils sont promus à cette catégorie par un système discriminatoire et tellement dégoûtant de clientélisme et de favoritisme : les concours sont truqués d’avance, les commissions ne servent qu’à valider les listes qui circulent déjà depuis des semaines dans les mails et SMS des agents, les délibérations de CAP ne servent qu’à entériner la toute-puissance arrogance administrative de la Mairie, puisque les résultats sont connus bien avant. 

Dans les autres directions de la Mairie de Paris, les avancements de la catégorie C vers la catégorie B se sont opérés de manière systématique pour TOUS les encadrants.

Ces avancements sont des faveurs réservées à la DPSP, rappelant l’octroi de jadis. Ce ne sont rien d’autre que des avancements « au choix » (c’est bien au choix !) … Pratiques de soi-disant « concours » dont il est inutile de gloser ici, la justice ayant sanctionné un cas fameux. 

Ce sont des pratiques d’irrégularités qui empoisonnent la gestion du personnel de la DPSP, de ses avancements et de ses promotions. Elles génèrent une situation de crise permanente et scandaleuse, et la DPSP semble s’y complaire parfaitement. Pire encore, elle l’entretient bien et à dessein. 

Pourtant, chaque agent sait que ce sont les encadrants de catégorie C qui établissent des rapports d’activité de chacun dans sa brigade, des rapports de synthèse mensuels des correspondants de nuit, etc. Cette tâche de rédaction étant normalement réservée aux agents de catégorie B, alors que dans les faits, ceux qui sont promis à cette catégorie, au choix ou par « concours », ne connaissant pas le sujet, font faire ce travail aux vrais effectifs d’encadrants. 

C’est pourquoi nous dénonçons une situation absurde qui ne se justifie nullement.

Nous dénonçons une situation qui cause une vraie discrimination entre agents de la Ville de Paris. 

Il est urgent de faire cesser la discrimination. 

Madame la Maire, en résumé, ça déborde et il faut mettre de l’ordre.

 

 

                                                                                                                        

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Mis en ligne le 13 juillet 2018  |  Dernière mise a jour 13 juillet 2018